Célébration de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs : Technopole de Dakar (habitat des oiseaux migrateurs) sous la menace du plastique et de la pollution.

Dakar le 15 mai 2019._Le Centre d’Information des Nations Unies de Dakar, l’Ambassade des pays Bas et celle du Canada au Sénégal, the Wadden Sea Flyway Initiative, Birdlife international, le Ministère de l’Environnement et du Développement durable, le Ministère de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, l’ONG Nature-Communauté-

Nettoyage de Technopole par les élèves

Développement (NCD) et les élèves des écoles environnantes, ont célébré la journée mondiale des oiseaux migrateurs le 11 mai 2019 au Technopole de Dakar qui est érigé en réserve naturelle urbaine par le décret N°2019/748 du 29 mars 2019. Cette belle journée a démarré par une séance d’observation des oiseaux. Les acteurs ont pu constater la présence de plusieurs espèces très rares sur le site.

Cette journée est une opportunité pour les amoureux de la nature, de réitérer leur engagement et leur volonté de protéger cette zone humide situé aux encablures de Dakar qui entre désormais dans la convention de Ramsar de 1971. Laquelle convention a pour objet de protéger toutes les zones humides du monde.

Les enfants observent les oiseaux migrateurs

Les acteurs se sont mobilisés pour faire de cette journée, des moments privilégiés de sensibilisation de la jeunesse sur l’importance de préserver ce site. C’est ainsi que le Colonel Seydina Issa SYLLA à la retraite, Secrétaire Général de l’ONG NCD a souligné la particularité de la journée ; car les oiseaux migrateurs constituent un patrimoine commun de l’humanité qui bouge du Nord au Sud ; vice versa et de manière cyclique en fonction du climat. Ces oiseaux qui parcourent entre 4500 à 6000 km, avec tous les obstacles inimaginables, arrivés au Technopole de Dakar, ont besoin de protection et de quiétude pour se reposer avant de repartir. Durant le parcours, la moitié des effectifs périt du fait des conditions difficiles dans lesquelles ils font la migration.

Prenant la parole, le Commandant, Paul Moïse DIEDHIOU, Directeur-Adjoint des Aires Marines Communautaires protégées, a mis en exergue le caractère hautement stratégique du site qui constitue un des derniers poumons verts de Dakar. Il joue également un rôle écologique primordial dans l’écosystème. M. Diop invite tous les amoureux de la nature à s’impliquer dans la gestion du site. A cet effet, deux postes de sécurité composés d’une trentaine d’éléments ont été créés pour surveiller le Technopole de Dakar.

Pour Mme Minielle Baro, Chargée de la Communication du CINU, rappelant le thème de la journée, a déclaré que 300 millions de tonnes de plastiques sont produits dans le monde. Malgré le caractère nocif du plastique pour la nature, des études ont montré que des projets locaux de gestion du plastique, peuvent réduire de manière drastique la présence de ce produit dans notre environnement dans un laps de temps. Pour elle, la sensibilisation est un moyen très efficace pour obtenir des résultats probants. 40% des oiseaux marins ont du plastique dans leur estomac selon un expert de Birdlife international.

Son Excellence l’Ambassadeur des Pays bas observe les oiseaux migrateurs

Pour le Colonel Abdoulaye DIOP, Directeur des Parcs nationaux du Sénégal, les aires protégées sont considérées comme des laboratoires qui permettent non seulement d’approfondir les connaissances sur les milieux naturels ; mais également de susciter l’éveil d’une conscience écologique chez les jeunes citoyens. Il est important de souligner que le décret présidentiel a annulé tous les baux qui ont été délivrés sur le site. En plus, l’Etat est prêt à révoquer tous les titres fonciers ; quitte à dédommager les propriétaires. La présence permanente et définitive des forces de sécurité sur le site témoigne de la volonté des autorités de protéger le site ; en plus de l’implication de toutes les forces de défense (Gendarmerie Nationale, la Brigade de l’environnement et la police nationale). « Une aire protégée n’est pas forcément une aire d’interdiction mais c’est une aire de restriction » a affirmé le Directeur des Parcs Nationaux du Sénégal. Les activités économiques qui sont conformes aux normes conservation du site, peuvent se poursuivre. Un plan d’aménagement a été élaboré pour permettre aux acteurs de poursuivre leurs activités. Ce plan va attribuer à cette portion de terre de Technopole une vocation spécifique afin de garantir la durabilité des activités de conservation et de gestion du site. Une étude exhaustive des biens et services du site est déjà faite par la communauté universitaire.

Pour Son Excellence, l’Ambassadeur des Pays Bas, la protection de l’environnement et de la biodiversité doit être au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Il a salué la décision du Gouvernement du Sénégal de classer et de protéger ce site. Il a incité les élèves à poser le débat dans leurs familles respectives. Son homologue du Canada a rappelé que son pays a toujours assisté le Sénégal dans sa politique de protection de l’environnement. En fait c’est le Canada qui a financé le projet de plantations des filaos tout au long de la côte de Dakar à Saint louis pour protéger la zone des Niayes. Elle a encouragé les élèves à intégrer dans leur vécu quotidien la protection de l’environnement.

Pour clôturer la journée, les acteurs ont nettoyé une partie du site en ramassant les déchets plastiques. C’est un geste symbolique d’une haute importance à pérenniser. Les amoureux de la nature se donnent rendez-vous le 12 octobre ; date à laquelle les oiseaux migrateurs seront plus nombreux au Technopole pour échapper aux affres du climat européen.

Il est important de rappeler que les zones humides jouent un rôle critique pour la biodiversité. Elles accueillent plus de 100000 espèces d’eau douce connues à travers le monde et ce chiffre ne cesse de croître chaque année. Elles sont vitales pour de nombreux amphibiens ainsi que pour les oiseaux nicheurs et migrateurs.