Traite négrière : Saint-Louis se souvient

Saint-Louis, ancienne capitale du Sénégal, a célébré la journée mondiale de commémoration de l’esclavage. Traditionnellement célébrée le 25 mars de chaque année c’est le 17 avril 2014 que les élèves du Lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall, ex Lycée Faidherbe, fraîchement revenus de congés scolaires se sont mobilisés, soutenus en cela par la Mairie et le Centre d’Information des Nations-Unies de Dakar (CINU) pour se souvenir d’une page sombre de l’histoire de la vieille ville.

Les élèves dans le studio de la radio municipale de Saint-Louis

Les élèves dans le studio de la radio municipale de Saint-Louis

Dés la veille de la journée dédiée en mémoire des victimes de la traite transatlantique des esclaves, 4 élèves du Lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall, ex Lycée Faidherbe, s’étaient donnés rendez-vous dans les studios de la radio municipale pour animer un plateau en direct, d’une heure, sur la thématique de l’esclavage. Après des semaines de préparation, il importait d’annoncer le calendrier du programme préparé par leur établissement, de donner leur point de vue et surtout de faire connaître la maison des esclaves de Saint-Louis. En effet, la cité a été un lieu de transit pour les personnes capturées. De cette époque subsistent des entrepôts de maisons de commerce ayant participé activement aux transactions d’êtres humains.

Une scène sur la vente des esclaves jouée par les élèves

Une scène sur la vente des esclaves jouée par les élèves

Pour revivre cette époque douloureuse, les élèves se sont produits le lendemain, le 17 avril 2014. A travers une pièce de théâtre ils ont retracé la capture, la sélection, l’achat et le marquage au fer rouge des africains qui devaient quitter le continent pour « un voyage sans retour » vers les plantations américaines. Dans la grande salle du Lycée ils ont fait revivre au public, comme s’il y était, la violence qui s’abattait sur des êtres humains dont le commerce d’autrefois se nourrissait. A mesure que les coups pleuvaient sur les acteurs de la pièce, le public retenait son souffle. Puis, comme pour correspondre au thème de cette année, « victoire sur l’esclavage : Haïti et au-delà », un à un les acteurs se sont relevés déclamant, chacun à son tour, un poème sur sa fierté d’être noir et sa certitude d’être un jour libre. Dans un message publié à l’occasion de cette journée, le Secrétaire Général de l’ONU avait expliqué qu’ « il s’agit de rendre hommage aux combats antiesclavagistes menés de par le monde et de célébrer le deux cent dixième anniversaire de la République d’Haïti, la première nation à avoir conquis son indépendance grâce à la lutte des hommes et des femmes réduits en esclavage ».

Une vue de la salle

Une vue de la salle

En plus d’une conférence sur l’esclavage au temps de la traite transatlantique et le rôle joué par Saint-Louis alors comptoir commercial de grande envergure, le chanteur de rap Alassane Dioro Djigo, alias Pimplas, par ailleurs étudiant et créateur de mode qui valorise le style « ethnic », a offert un concert.

Marche des élèves vers la maison des esclaves de Saint-Louis

Marche des élèves vers la maison des esclaves de Saint-Louis

La journée avait débuté par une cérémonie officielle réunissant le représentant du Ministre de l’éducation nationale, le représentant du Maire de Saint-Louis, le Proviseur du  Lycée Cheikh Omar foutiyou Tall, ex Lycée Faidherbe et la représentante du CINU. Tous les intervenants se sont félicités du choix de Saint-Louis pour abriter les manifestations marquant la commémoration de la journée internationale en hommage aux victimes de la traite transatlantique des esclaves. Au-delà des paroles, ils ont soutenu la jeunesse de la ville par un acte fort. Ils ont ouvert la marche des élèves à travers la ville vers la maison des esclaves qu’ils ont ensuite visitée ensemble. Un bâtiment historique qui est aujourd’hui devenu l’école maternelle et primaire Ndatte Yalla et qui bénéficie du soutien de la municipalité afin que l’architecture d’antan soit conservée et que la mémoire de millions de déportés ne meure jamais.