« Xala », film projeté au Centre d’Information des Nations pour revisiter l’œuvre cinématographique et littéraire d’Ousmane Sembène

De droite à gauche : Prof Samba Gadjigo, Makhete Diallo, Prof Oumane Sène

Dakar, le 21 juin 2018 A l’occasion de la commémoration du 11ème anniversaire de la mort d’Ousmane Sembene, le Centre d’Information des Nations Unies (CINU), en partenariat avec le Centre de Recherche Ouest Africain (WARC) et Galle Ceddo Projects, a organisé dans ses locaux un Ciné Cinu avec la projection du film « Xala » suivi d’une discussion sur le thème « Ousmane Sembène le visionnaire »

« Nous ne valorisons pas assez nos héros Africains »

C’est ainsi que le professeur Samba Gadjigo, Professeur de littérature Africaine au Mount Holyoke College, aux Etats Unis, représentant de Galle Ceddo Projects, institution américaine qui travaille sur l’œuvre d’Ousmane Sembène, a entamé la discussion. Ousmane Sembène dont le Professeur Gadjigo a produit la seule biographie, s’était imposé dans l’écriture littéraire et cinématographique en laissant une production impressionnante avant de mourir à l’âge de 84 ans le 09 juin 2007.

Une vue de l’assistance

Auteur du livre « Xala » qu’il a lui-même porté à l’écran, Ousmane Sembène expose les déboires son héros qui appartient à la bourgeoisie post coloniale évoluant dans la société africaine, urbaine. En l’opulent personnage de El Hadji Abdou Kader BEYE ce sont les nantis, les nouveaux riches, les « hommes d’affaires » qui sert de cible à Ousmane Sembène. Mais ce puissant quinquagénaire, au soir du mariage avec sa troisième femme, se découvre mystérieusement impuissant. Il a le Xala. Alors commence la passion dérisoire d’ El Hadji : les amis, tout d’abord compatissants, s’éloignent, goguenards puis méprisants ; la belle-famille, avide, complote ; sa propre famille l’exploite ; les banquiers font la sourde oreille ; les affaires périclitent ; c’est la faillite. Il ne lui reste plus que ce « Xala », symbole polyvalent de l’impuissance sexuelle, physique, économique………

Ce sont les éclairages du Professeur Ousmane Sène de l’Université Cheikh Anta Diop et Directeur du Centre de Recherche Ouest Africain (WARC) qui ont permis de comprendre le « Xala », mot étranger au français. En effet, après la projection du film de 2 heures 2 minutes, ce dernier a fait pénétrer l’assistance au cœur de l’œuvre en s’appuyant sur des données fournies par l’environnement Africain. De son côté, le réalisateur, Makhete Diallo qui a accompagné Ousmane Sembane sur les plateaux de tournage, a fourni des éléments techniques et esthétiques fournissant des preuves supplémentaires du génie d’Ousmane Sembène « le visionnaire ».