Lancement du rapport mondial sur les drogues 2018 : la crise des opioïdes, l’abus de médicaments sur ordonnance s’étend ; la cocaïne et l’opium atteignent des records

Dakar, le 26 juin 2018 Le Centre d’Information des Nations Unies (CINU) de Dakar a accueilli comme chaque année le lancement du rapport mondial sur les drogues au cours d’une conférence de presse. L’édition 2018 met l’accent sur l’abus de médicaments sur ordonnance et sur les records de production atteint par la cocaïne et l’opium.

« L’utilisation du Tramadol à des fins non médicales inquiète en Afrique de l’Ouest »

C’est l’une des conclusions du rapport mondial 2018 sur des drogues, selon Pierre Lapaque le représentant régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique de l’Ouest et du Centre, venu présenter le document au CINU de Dakar devant un parterre de journalistes.

Les conclusions du rapport montrent que « les marchés de la drogue se développent » et que « la production de cocaïne et d’opium » a atteint des records absolus.

Pierre Lapaque répondant aux journalistes

La fabrication mondiale de cocaïne en 2016 a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré, avec une production estimée à 1 410 tonnes. La plus grande partie de la cocaïne provient de Colombie, le rapport montre également que l’Afrique et l’Asie émergent comme centres de trafic et de consommation de cocaïne.

Le rapport s’inquiète aussi de voir les médicaments antidouleur à base d’opiacés, détournés à usage de drogue, « devenir « une menace majeure pour la santé publique mondiale » notamment en Afrique.

Les saisies d’opioïdes pharmaceutiques – principalement le Tramadol en Afrique de l’Ouest et du Centre, et l’Afrique du Nord représentaient 87% du total mondial en 2016.

L’augmentation de consommation non-médicale du Tramadol, joue un rôle déstabilisateur dans la région selon M. Lapaque. Celui-ci a révélé que « certains groupes terroristes ne se contentent pas seulement de générer des revenus par le trafic de ces pilules, mais les utilisent également à leurs propres fin ».

Le représentant régional de l’ONUDC a conclu, en affirmant que le tramadol et autres médicaments à base d’opiacés constituent « problème de santé publique et de sécurité, non seulement pour le Sénégal mais aussi pour la région ».