Les migrations, opportunités pour l’Afrique

Dakar, 31 mai 2018 – Le Centre d’Information des Nations Unies (CINU) de Dakar a abrité le lancement du rapport annuel sur le Développement de l’Afrique de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). « La migration est synonyme d’opportunités pour le continent africain ». C’est le message clé de l’édition 2018.

C’est sous le thème « Les migrants, source de transformation structurelle de l’économie » que la CNUCED publie son rapport annuel sur le développement économique de l’Afrique.  Centré sur les migrations, il réaffirme l’importance d’un point de vue économique de ces mouvements et déconstruit les stéréotypes sur les déplacements de populations en Afrique. C’est ce qui ressort de la présentation,  au cours d’une conférence de presse au CINU, de Milasoa Chérel-Robson, économiste à la CNUCED et qui en est co auteur.

Conférence de presse dans la salle Capitaine Mbaye Diagne du CINU. En face, Milasoa Chérel – Robson

Tout d’abord contrairement à bien des idées reçues, les migrations favorisent « le développement économique et social en Afrique. » Cela est notamment perceptible dans les migrations intra africaines, qui « impliquent plus de commerce » entre les différents pays du continent. La corrélation entre migration et commerce est mise en avant par ledit rapport, par exemple, à travers l’importation de produits alimentaires depuis les pays de départ.  Sur le long terme, celle – ci sera bénéfique pour la sécurité alimentaire, l’éducation et la santé.

Il est souligné, en ce qui concerne ces migration inter africaines, qu’elles constituent la majorité des mouvements existants sur le continent. La plupart des migrants ne quittent pas l’Afrique, mais passent simplement d’un pays africain à un autre. « En 2017, 19 millions de migrants se sont déplacés en Afrique et 17 millions ont quitté le continent ». Les cinq principales destinations africaines étant : l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Nigeria, et l’Ethiopie.

Milasoa Chérel – Robson répondant aux questions des journalistes.

Le rôle de la diaspora est aussi mis en avant, dans son rôle crucial dans le développement sur le long terme du continent africain. « Les envois de fonds vers l’Afrique ont augmenté en moyenne de 38,4 milliards de dollars (2005-2007) à 64,9 milliards de dollars (2014-2016) ».

Pour finir, contrairement à bien des idées reçues les femmes représentent près de la moitié (47%) du nombre de total des migrants. Le nombre de migrantes est, passé de 6,9 millions en 2000 à 11,6 millions en 2017, déconstruisant ainsi l’idée que les migrations seraient essentiellement une affaire d’homme.

Pour que toutes ces potentialités soient exacerbées, le rapport multiplie les recommandations aux dirigeants africains, et aux organisations d’intégration afin d’ajuster les politiques gouvernementales et veiller à la cohérence des politiques relatives au commerce et à l’investissement. Le Maroc est cité, à cet égard, comme bon élève pour avoir supprimé les obstacles légaux à l’accès des migrants au marché du travail leur permettant de s’intégrer plus facilement dans le pays.

Le rapport conclu en se tournant vers l’avenir et vers les générations futures que constituent les enfants d’immigrés qui « seront conscients du potentiel de développement de leur continent et s’attendront à participer aux efforts qui permettront à celui-ci d’affirmer son importance. »