Ciné CINU: « In the shadow of the sun », le film qui témoigne du vécu tragique des personnes atteintes d’albinisme en Tanzanie.

Une vue de la salle du CINU Dakar au cours de la projection du film

Une vue de la salle du CINU Dakar au cours de la projection du film

Dakar, le 24 juin 2016 –Dans le cadre de son Ciné forum, le Centre d’Information des Nations-Unies  a abrité vendredi 17 juin une séance de cinéma suivie d’un débat sur l’Albinisme.

Le film d’Harry Freeland a été tourné en Tanzanie.  Il raconte l’histoire de Josephat, lui même atteint d’albinisme qui témoigne de son vécu et des difficultés qu’il a rencontrées. La caméra le suit dans ses démarches auprès des communautés pour expliquer ce qu’est l’albinisme et faire comprendre aux populations que ce n’est pas le fait de la sorcellerie. Elle entraîne le public sur les pas d’un homme qui lutte contre la violence faite aux personnes atteintes d’albinisme. Ces dernières sont parfois tuées, leurs membres ou de leurs organes utilisés par des individus qui croient que ces pratiques sacrificielles les rendront riches.

Maah Koudia Keïta, Présidente de l'Association sénégalise "Care Albinos"

Maah Koudia Keïta, Présidente de l’Association sénégalise « Care Albinos »

Cette projection a été organisée par Le CINU Dakar, en partenariat avec le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH/BRAO) et l’Association Sénégalaise « Care Albinos », à l’occasion de la journée internationale de sensibilisation à l’albinisme sous le thème «Les mythes et les croyances autour de l’albinisme»,  afin d’attirer l’attention sur les discriminations, violences et attaques dont sont victimes les personnes atteintes d’albinisme dans plusieurs pays.

Au cours du débat qui a suivit, la présidente de Care Albinos, Maah Koudia Keita, elle-même atteinte d’albinisme,  a lancé un véritable cri du cœur. Elle souhaite que les personnes touchées soient véritablement insérées dans la société, ne soient plus rejetées, que les gens en aient une autre perception. Elle a rappelé que l’albinisme n’est qu’une particularité génétique. De son côté, Fatou Kiné Camara, juriste et Professeur de Droit  a expliqué qu’un être humain demeure un être humain avant tout, ayant les mêmes  droits que tous. Andrea  Ori, représentant du HCDH/BRAO, a abondé dans son sens rappelant les valeurs universelles des droits de l’Homme. Le Docteur Ahmet Saloum Diakhaté, psychiatre, a expliqué pour sa part qu’il faut une véritable formation non seulement au niveau des familles mais aussi de la société toute entière. Lorsqu’un enfant naît, a-t-il dit, ce sont les sages-femmes qui assistent les mères qui sont les premières à annoncer la nouvelle. Cette formation concernerait aussi la prise en charge de la famille par des spécialistes capables d’expliquer que l’albinisme n’est qu’une particularité génétique.