Message à l’occasion de la commémoration du 22e anniversaire du génocide au Rwanda (7 avril 2016)

Dakar 8 avril 2016 . – En 1994, plus de 800 000 personnes – en grande majorité des Tutsis, mais

Ban Ki-moon SG de l'ONU

Ban Ki-moon SG de l’ONU

aussi des Hutus modérés, des Twa et d’autres – ont été systématiquement assassinées dans tout le Rwanda. En cette Journée internationale, nous nous souvenons de tous ceux qui ont trouvé la mort pendant le génocide et réaffirmons que nous sommes déterminés à empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent, où que ce soit dans le monde.

Le courage des survivants, qui nous a montré que la réconciliation est possible même après une telle tragédie, doit être une source d’inspiration pour nous tous. Dans la région des Grands Lacs, qui fait toujours face à de graves menaces à la paix et à la sécurité, l’apaisement et la reconstruction demeurent des objets essentiels.

Honorer les victimes du génocide au Rwanda, c’est aussi œuvrer en faveur de la justice et amener les responsables à répondre de leurs actes. Je félicite les États Membres de la région et au-delà de l’action qu’ils continuent de mener pour arrêter et transférer les derniers fugitifs et mettre fin à l’impunité. Le meilleur moyen de garantir que le génocide et les autres violations flagrantes du droit international et des droits de l’homme ne se reproduisent pas est de reconnaître notre responsabilité commune et de nous engager à unir nos forces pour protéger ceux qui sont menacés.

Le génocide n’est pas un événement ponctuel : c’est un processus qui se déroule dans le temps et qui se prépare. L’histoire a montré à plusieurs reprises qu’aucune région du monde n’est à l’abri. L’un des principaux signes précurseurs du génocide est la propagation, dans le débat public et les médias, de propos haineux visant tel ou tel groupe de population.

Cette année, le thème retenu pour la célébration de la Journée internationale est « Combattre l’idéologie génocidaire ». Il est indispensable que les gouvernements, l’appareil judiciaire et la société civile fassent preuve de fermeté face aux propos haineux et aux individus qui incitent à la division et à la violence. Si nous voulons bâtir des sociétés justes et pacifiques, nous devons promouvoir l’inclusion, le dialogue et l’état de droit.

L’histoire du Rwanda nous livre un enseignement essentiel. Si la capacité de commettre les pires infamies est inhérente à toute société, il en va de même de vertus telles que la compréhension, la générosité et la réconciliation. Cultivons ces qualités, que nous partageons tous en tant qu’êtres humains, pour aider à faire en sorte que chacun puisse vivre dans la dignité et la sécurité.